Obéir

Qu’est-ce que ce mot « obéir » évoque en vous ? Est-ce que vous obéissez toujours ? Parfois ? Jamais ? Pour mieux comprendre ce principe et répondre au mieux à ces questions, nous pouvons les aborder sous un angle plus global : obéir à qui, à quoi, comment ?



- A qui obéir ?

Obéir fait partie des impératifs souvent inculqués dès l’enfance : obéir à l’autorité extérieure, aux parents, enseignants, éducateurs, supérieurs hiérarchiques, et aux règles et lois de la société. Mais il y a notre intériorité psychique, avec ses propres contraintes, routines, peurs, opinions toutes faites, qui peuvent aussi faire autorité en nous et susciter notre obéissance. Cependant, au-delà, nous pouvons décider d’obéir à notre être global, la petite voix silencieuse de notre conscience et ses valeurs profondes, porteuse d’une véritable sagesse…

Dans l’obéissance à une autorité extérieure, celle-ci peut être légitime, ou pas, et donner des ordres qui sont bons et adaptés, ou pas. Les travaux de Milgram (1973) sur l’obéissance à l’autorité montrent que 65% des participants à une expérience leur demandant de donner des chocs électriques à une personne, vont jusqu’à des chocs d’une intensité qui peut être mortelle, même s’ils ne souhaitaient pas le faire, parce qu’une autorité, le professeur dirigeant l’expérience, le leur ordonne (note : la personne ne recevait pas vraiment les chocs, c’était un comédien). Ceux qui n’ont pas obéi à cet ordre injuste se sont fondés sur leurs valeurs pour oser refuser. Mais quand l’autorité légitime donne des ordres que nous percevons comme justes et cohérents avec nos valeurs, tout se fait dans la coopération de groupe librement choisie, harmonieusement.


- A quoi obéir ?

Est-ce que l’ordre donné a un sens, et sert-il le bien commun ? Quand un enfant obéit à ses parents qui lui disent de ne pas mettre les doigts dans une prise de courant, cela a un sens : ils veulent lui éviter de s’électrocuter ! Parfois l’enfant n’obéit pas, prend le courant, et en général ne recommence pas cette expérience douloureuse ! En revanche, obéir à des parents qui lui diraient de faire du mal à autrui, peut conduire un enfant à l’autodestruction. C’est donc à nos valeurs fondamentales, notre sens du bien commun, qu’il importe d’obéir, en tenant compte de la situation, pour discerner ce qui est juste dans telle situation, qui peut être injuste dans telle autre.


- Comment obéir ?

Trois mots décrivent le comportement que nous pouvons adopter face à une situation et un ordre qui s’imposent à nous et que nous ne pouvons pas changer : la soumission, la révolte, ou l’acceptation active. La soumission implique l’idée d’une obéissance sans réflexion sur la valeur morale de l’ordre donné, ou une résignation. La révolte implique l’idée d’un combat pour défendre ses intérêts ou ses idéaux, dans une opposition à ceux qui ne sont pas d’accord avec nous. Elle peut faire bouger les choses à travers des guerres et des conflits, imposant notre point de vue si nous sommes les plus forts. L’acceptation active est d’une autre nature, car elle tient compte de la réalité des faits, pour agir avec ce qui est, pour créer un renouveau sans exclure ou stigmatiser quiconque, pour le bien de l’ensemble. Dans la compréhension du fait que chacun fait comme il peut, avec ses moyens, elle laisse leur place à tous les humains, tout en agissant pour des valeurs globales servant le Bien commun en toutes situations. Alors, nous pouvons tisser de justes relations inclusives entre tous les êtres…


Pensée de sagesse :

Obéir aux ordres du cœur, c’est satisfaire les désirs de l’âme (Pa Pis)

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