Déchirer les voiles
- Christine Chataigné

- il y a 3 jours
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Déchirer les voiles ? Mais quels voiles ? Et pourquoi les déchirer ?
Les voiles sont tout ce qui cache la lumière et qui nous empêche d’y voir clair dans notre vie… Ce sont les voiles de nos points de vue, de nos cadres de référence préférés, quand ils déforment la réalité, quand ils excluent les angles d’approche d’autrui et nous séparent les uns des autres en créant du conflit et du rejet de ceux qui voient les choses autrement que nous. Une belle métaphore pour illustrer cela est celle des aveugles et de l’éléphant. La voici.
Il est demandé à quatre personnes aveugles de toucher une partie d’un objet à tour de rôle, séparément, puis de se réunir et de dire de quel objet il s’agit. A la première personne, on fait toucher la trompe de l’éléphant, et elle dit qu’il s’agit d’un gros et long tuyau flexible. A la deuxième personne, on fait toucher les défenses de l’éléphant, et elle dit qu’il s’agit d’une lance très dure, courbe et pointue. A la troisième personne on fait toucher les oreilles de l’éléphant, et elle dit qu’il s’agit d’un grand éventail souple. A la quatrième personne on fait toucher les flancs de l’éléphant, et elle dit qu’il s’agit d’une paroi, comme un mur rugueux. Quand on réunit les quatre personnes aveugles, elles rentrent en conflit, car elles n’arrivent pas à tomber d’accord sur la nature de l’objet qu’elles ont touché : chacune est certaine de sa perception et réduit l’objet à la partie qu’elle a touchée. Cela est un voile : avoir une perception limitée et déformée de quelque chose qui est beaucoup plus global que ce que nous en percevons.

Mais comment dépasser la perception partielle et partiale des choses, faussée par nos sens et notre mental limités ? Par l’ouverture d’esprit à ce qui est une synthèse des perceptions diverses de chacun. Si les quatre personnes aveugles, qui ont chacune perçu une partie de l’objet touché, avaient échangé entre elles dans un esprit ouvert, non pas en niant la perception des autres, mais en élevant leur imagination et leur pensée à une vision globale, elles auraient pu comprendre que « l’objet » qui rassemble toutes les caractéristiques citées par les uns et les autres, pouvait être un éléphant. Car le tout est toujours plus que la somme des parties. Mais cela nous demande de lâcher notre point de vue limité et d’accepter de considérer la perception d’autrui comme aussi valable que la nôtre. Pas facile ! Mais possible si nous cherchons sincèrement à élargir notre vision du monde et de toutes choses…
Déchirer un voile, c’est oser bousculer nos certitudes, non pas pour les éliminer, mais pour les transcender, les élargir, en changeant notre angle de vision. C’est comme quand on regarde un paysage du sommet d’une montagne : c’est seulement en tournant sur nous-même à 360° et du bas de la vallée jusqu’au ciel, que l’on parvient à une vision un peu plus exacte de ce qui est… En pratique, cela nous demande de reconnaitre que nous ne voyons généralement qu’une petite partie de la réalité dans notre vie quotidienne, et de décider de découvrir ce que nous ne savons pas encore, ou que nous n’avons pas encore vu. Ceci avec confiance et courage pour dépasser la peur de l’inconnu, dans un dévoilement progressif pour exprimer un peu plus de vérité en nous et dans le monde en élevant notre conscience…
Pensée de sagesse : Les voiles des cœurs sont déchirés quand les cœurs se regardent en face. Proverbe africain.


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