QUELQUES PENSÉES SUR LE LION — Le Soi dans le Tout

Le but de ce système solaire, nous disent les écrits d'Alice Bailey, est le développement de la conscience. Dans la progression des énergies cosmiques qui circulent à travers le zodiaque, la conscience de masse du Cancer doit se transformer en conscience de soi dans le Lion, avant la réalisation de l'éveil de la conscience de groupe dans le Verseau. Dans ce processus, l'intense conscience de soi du Lion est vitale pour le développement de la sensibilité. À première vue, nous pourrions associer la sensibilité à une nature émotionnelle hyperactive, mais la véritable sensibilité spirituelle se situe à un niveau supérieur. Elle favorise la capacité à répondre à l'environnement, le grand tout dans lequel l'unité – le soi séparé – existe. Ainsi, on dit que le Lion est d'un contrôle primordial dans la vie de l'aspirant, car le soi doit être connu avant que l'Esprit divin, le vrai Soi, et sa présence dans ses semblables, puissent être reconnus.


Dans un but mystérieux (dans notre compréhension actuelle), la connaissance de soi doit être acquise par l'expérience de la vie dans la forme : la manifestation dans l'existence terrestre. Grâce à la vie dans la forme, le chercheur entre en contact avec les myriades de vies qui progressent à travers les nombreux niveaux d'évolution, et ce processus développe la conscience de soi et la maîtrise de soi. Il est également important de noter qu'avec le temps, l'expérience de la vie dans la forme génère une demande de libération de cette forme afin d'en acquérir une plus adéquate pour l'expression de la vie intérieure, tout en conservant la sensibilité et la conscience élargie obtenues grâce à cette forme. Ce sentiment d'identification en expansion progressive est la note clé du Lion : Je suis Cela et Cela c’est moi. De l'affirmation de la personnalité séparée, Je suis, à la réalisation croissante du chercheur d'une humanité partagée et, au-delà, à une identification avec un Tout enveloppant qui s'exprime comme Je suis Cela, la conscience se déploie.


Rien n'accélère davantage cette prise de conscience que l'expérience de la souffrance et de la limitation. Un aperçu de ce caractère inévitable est donné dans les écrits d'Alice Bailey sur "le principe de limitation". L'existence de la vie dans la forme est liée par ce principe, auquel toutes les vies manifestées se soumettent et dont elles doivent se libérer pour évoluer. Chaque environnement, chaque champ de conscience, devient à la longue une prison dont la conscience qui l'habite doit chercher à se libérer afin d'élargir son champ de contacts. Partout où l'on a le sentiment de mondes à conquérir, de royaumes inconnus à découvrir, le sentiment de limitation agit comme une force irrésistible, écrivait Alice Bailey. L'ensemble de l'évolution est régi par le sens de la limitation et son résultat, la souffrance. Au stade humain, cette expérience de la souffrance devient particulièrement aiguë en raison de la capacité humaine de mémoire et de pressentiment.


La combinaison de la souffrance, de la rébellion et du besoin conscient d'améliorer les conditions de vie n'existe que là où l'individualité est présente, là où la déclaration Je suis résonne. Cette demande du moi séparé ne peut être satisfaite que par le développement de la conscience de groupe, c'est-à-dire de l'appartenance à un ensemble plus vaste. Le stade atomique de la conscience humaine doit être abandonné pour que la reconnaissance de la place et de la responsabilité de l'humanité dans un plus grand Tout puisse être enregistrée par l'esprit humain en éveil. Une grande partie de ce qui est visible dans la crise mondiale peut être attribuée à ce besoin d'éveil et au long et lent processus qu'il requiert.


En regardant le ciel nocturne, en particulier si nous sommes en mesure d'assister à la pluie de météores des Perséides qui se produit chaque année pendant le Lion, nous nous rappelons que le Cosmos est notre véritable maison. Nous existons au sein d'une vaste Vie à laquelle nous nous éveillons lentement. On dit que "Dieu est une sphère infinie, dont le centre est partout et la circonférence nulle part". Cela éclaire la signification du moi : Je suis Cela et Cela c’est moi. En regardant le ciel nocturne, nous pouvons nous sentir diminués par notre apparente insignifiance, ou nous pouvons reconnaître le Cosmos comme l'expression d'un grand Tout dans lequel nous vivons, nous nous déplaçons et nous avons notre être. Pour commencer à saisir cette profonde réalisation, il peut être utile de se rappeler que "l'humilité doit toujours accompagner un respect spirituel de soi qui interdit à un disciple de se tenir ailleurs sur le Chemin qu’à sa juste place". Ces mots d'Alice Bailey expriment les leçons et la réalisation de l'expérience du Lion.

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